L'internement des suspects change avec la libération et l'épuration

La création des camps d'internement, 1938-1939

 

Dès avant la guerre, en novembre 1938, le gouvernement français légalise l’internement. Ils regroupent, notamment, les réfugiés étrangers allemands ou autrichiens opposants ou favorables au régime nazi, mais considérés comme dangereux à la sécurité de l’État et à la sécurité publique, ainsi que des Espagnols réfugiés après la guerre civile espagnole.  Entre février 1939, date de l'ouverture du premier camp d'internement administratif, et mai 1946 date de la fermeture du dernier, 600 000 personnes ont ainsi été enfermées. 

 

Les camps d'internement sous Vichy et l'occupation, 1940-1944

 

Exploitant la législation mise en place par la IIIe République, le régime de Vichy utilise à son tour les camps, mais dans un but différent.

 

Les victimes

En France, à partir de septembre 1940, les réfugiés espagnols sont soumis par le régime de Vichy au travail obligatoire au sein des G.T.E., groupes de travailleurs étrangers. Des travaux agricoles et forestiers en zone libre ou des travaux de fortifications en zone militaire leur sont confiés.

Par la suite, les camps se multiplient sur l'ensemble du territoire pour y concentrer plusieurs catégories “d’indésirables” acheminés dans ces camps par les forces de l'ordre dirigées par le gouvernement du maréchal Pétain : des politiques (des résistants), des trafiquants de marché noir, des juifs, des étrangers... Etaient donc internés les victimes des législations antisémites et de manière générale de persécutions raciales, ainsi que les opposants au régime de Vichy, comme par exemple les résistants ou les communistes. Certains de ces camps furent les point de départ vers les camps d'extermination.

Les femmes représentaient 35 % des internés.

 

 Les responsables de l'internement

Initialement, l'administration des camps d'internement français fut confiée au ministère de la Guerre avant d'être rattachée, en novembre 1940, au secrétariat général à la police du ministère de l'Intérieur.

- soit les victimes étaient arrêtés par la police ou la gendarmerie françaises agissant sous l'autorité du régime de Vichy. Elles étaient jugées et condamnées à une peine d’emprisonnement.

- soit les victimes étaient arrêtés par la Wehrmacht (l'armée allemande du IIIe Reich), secondée par la Gestapo et la milice, conduites en prison, soumises à des interrogatoires sous la torture, comme à l’Ecole du service de Santé militaire, siège de la Gestapo, où officie notamment Klaus Barbie, puis regroupées dans les camps avec ceux pris dans les rafles, les résistants ou les déportés raciaux.

 

Les différents camps d’internement :

- de Drancy (pour les déportés raciaux),

- de Compiègne (pour les hommes),

- de Romainville (pour les femmes).

De là sont partis les principaux convois pour les camps de la mort.

 

Ces camps ont reçu, entre 1938 et 1946, différents dénominations : centre de séjour surveillé, centre spécial de rassemblement, camp de concentration etc...

 

La Libération des camps et leur fermeture, 1944-1946

En 1944, quand le pays se libère grâce à l’intervention des Alliées et à la Résistance, les internés sont libérés.

 

Toutefois, la libération du territoire ne signifie pas la fin de l'internement. Au contraire, car à l’automne 1944, lors de l'épuration, plus de 60 000 personnes y sont internées en attendant un procès : collaborateurs, mais aussi nomades internés depuis le 4 octobre 1940, sur ordre des Allemands, droits communs, trafiquants de marché noir ou civils allemands. Soit les internés étaient coupables et ils devaient être transférés en prison, soit on n’avait rien sur eux et ils devaient être libérés. Le dernier interné sortit en mai 1946. C’était un nomade.